« Axiom » ou le monde terrifiant d’Archive

Extrait interview de Thierry Coljon le 4 juin 2014

C’est une vue très sombre et pessimiste de notre époque…

Je ne dirais pas pessimiste mais le reflet de notre époque, oui. Le monde est sombre. Je vis dans un chouette appartement dans le centre de Londres, il me serait facile de fermer les yeux et de me foutre de la réalité vécue par la plupart des gens. La vie est dure, je ne peux pas l’ignorer. Il y a tant de tristesse et d’oppression un peu partout dans le monde qu’il est important d’en parler.

« Axiom », avec son côté « 1984 » et « V comme Vendetta », prend une résonance particulière à l’heure de la montée en Europe des mouvements populistes, europhobes et souvent fascistes…

Oui, c’est vrai. Toute l’Europe de l’Ouest vit en ce moment dans cette atmosphère un peu inquiète, après des années de bonne santé et de sécurité. Le fascisme du passé revient à la surface. Même si le Front National de Le Pen n’est pas le Ukip de Nigel Farage, ce sont toujours les étrangers qu’on vise. J’ai grandi à Londres à la fin des années 70 où déjà on devait faire face à des problèmes de racisme. Le pire aujourd’hui est que les politiques semblent accepter le fait raciste et s’en servir à leurs profits.

Archive est-il ici perçu comme un groupe engagé ?

Je ne sais pas. J’imagine que ceux qui aiment notre musique en sont conscients. Notre premier disque, Londinium, était déjà un protest album. On s’est rendu compte, via les connexions Facebook, que la ville où se trouvent le plus grand nombre de nos fans, proportionnellement, est Téhéran. C’est fou, non ? Ça nous fait réfléchir…

 

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Extrait de l’article de Olivier Kalousdian, du 27 mai 2014

Depuis leur apparition dans la galaxie du trip-hop Anglais des années 90, le collectif Archive n'en finit plus de tromper son monde et de se pointer là où on ne l'attend pas vraiment.

Le contrôle des foules... Il s'agit là de l'une des principales sources d'inspiration du groupe :

« L'Histoire de l'humanité nous prouve que l'obsession de la domination et du contrôle de l'autre est toujours justifiée par les philosophies et les croyances. Le chaos de l'humanité est une chose magnifique. Mais est-ce pour autant que cette beauté doit devenir uniformité ? La société occidentale est devenue déconnectée d'elle-même, centrée sur elle-même et méprisante avec l'environnement. Le progrès est trompeur : Nous possédons et produisons bien plus que nos besoins et nous nous laissons fasciner et écraser par ces conforts. Des facilités qui nous empêchent d'aborder la vie d'une façon simple et instinctive » déclarait alors, Darius Keeler.

Axiom raconte, au travers de chapitres, l'histoire d'une ile (Axiom) dont la ville souterraine est sous la coupe d'une cloche qui sonne et décide du destin de ses habitants. Une idée qui germa après l'enregistrement du sonneur de cloche de Greenwich.

Axiom est le nouvel anathème d'une société arrivée aux confins de sa croissance économique ; telle que l'on nous l'impose aujourd'hui. Ici aussi, la culture et le libre arbitre (celui d'aimer ou de haïr) sont mis au pilori par un dirigeant tout puissant qui, sous couvert de paternalisme global, impose sa vision et son ordre moral. Un ordre moral absolutiste et dictatorial, cela va sans dire.
Jesus Hernandez, réalisateur du film a déclaré : « Archive ont produit un grand album qui fonctionnait comme un script de film. Notre rôle, notre challenge, c'était de mettre en images cette musique cinématographique et de transcrire la partition en film. C'est un des plus excitants projets auquel nous nous sommes attachés. »

 

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Une terreur imposée, magnifiquement filmée et mise en musique….

 

Les 7 chapitres se suivent. A vous de trembler…….youyou29

 

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