dominique grange

Dominique Grange, née en 1940 à Lyon, est une chanteuse française, auteur-compositeur depuis le début des années 1960.

Sa participation active aux événements de Mai 68 lui fait abandonner la chanson de variétés au profit de textes libertaires et contestataires. Un basculement qui en fait, selon son expression, une « engagée à perpétuité ».

La chanteuse poursuit son militantisme en faveur des luttes sociales et contre les inégalités. Parallèlement elle est aussi traductrice et scénariste de bande dessinée. Compagne du dessinateur Jacques Tardi, ils ont quatre enfants (Diego, Oscar, Rachel et Lisa).

En septembre 1977, Dominique Grange est embauchée comme secrétaire de rédaction d’un nouvel hebdomadaire de bandes dessinées : BD (idée du Professeur Choron). Dans cette revue, le déjà célèbre Jacques Tardi fait paraître ses planches. Bientôt ils collaborent pour mettre en images les scénarios dont elle est l'auteure. Le dessinateur ne tardera pas à entrer dans sa vie. Malgré un bon démarrage, la revue ne rencontre pas le succès et s’arrête en novembre 1978.

Soutenue par son compagnon, l’envie d’écrire et de chanter lui revient. En mars 1981, elle entre en studio et enregistre ce qui est son premier 33 tours : Hammam Palace, avec une pochette dessinée par son compagnon. Elle y dénonce le travail inhumain, la violence, l'univers carcéral, la drogue… L’album est un échec commercial. Déçue, elle prend à nouveau ses distances avec le show business de la chanson.

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Dans N’effacez pas nos traces, elle aborde des thèmes aussi divers que la dictature chilienne, la Commune, l’assassinat de Pierre Overney, ou encore l’exil politique. Une façon de garder cet esprit de révolte de Mai 68.
Elle parle pour tous ceux qui se battent avec courage, qui n’acceptent pas d’être réduits, qui restent debout, car à genoux, il est trop facile de s’allonger. Droit, nul n’accepte de se conformer. Dans Les rivières souterraines, elle évoque même ces moments où l’histoire se décourage, où il ne se passe plus rien. Les idées sont comme l’eau qui ne s’arrête jamais, trouve son chemin et infiltre les rochers. "Le cadavre est à terre, mais l’idée est debout",  disait Victor Hugo.

N’effacez pas nos traces : le titre s’offre en pied-de-nez aux révisionnistes.

Elle affirme : C’est l’une de mes réponses aux propos du président Sarkozy, qui décrivait les gauchistes et les soixante-huitards comme l’axe du mal. Je ne fais que réagir à la provocation. Quant à la commémoration, je m’en fiche pas mal. Le disque offre plutôt l’occasion de retrouvailles intenses en émotion.

Et à la question :Quarante ans après, toujours le même combat ?

Elle répond : J’ai aujourd’hui les mêmes raisons de me révolter qu’à l’époque, mais sans le même espoir de renverser cette putain de société, forte de son unique système. Je veux transmettre des idées importantes. Je m’en fous de gagner du fric, je m’en fous de montrer ma bobine à la télé. Là n’est pas l’important ; les chansons passent les frontières, traversent les murs des prisons, s’échappent et s’envolent, deviennent des armes merveilleuses.

Bonne écoute pour ceux qui se rappellent. Bizzzzzzzzzz à tous de la ti’te youyou29.

 

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