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"Les Économistes Atterrés” est un collectif de chercheurs, universitaires et experts en économie, regroupés,
avec d'autres citoyens non économistes, en une association créée le 22 février 2011 dont l'action consiste à impulser la réflexion collective et l'expression publique des économistes qui ne se
résignent pas à la domination de l'orthodoxie néo-libérale.
Leurs actions se traduisent par des publications (notes, articles, communiqués, livres) et des
interventions lors de réunions publiques, dans les media qui les sollicitent, afin de proposer des alternatives aux politiques d'austérité préconisées par les gouvernements
actuels.
Ils se sont fait connaître à l'automne 2010 en publiant un Manifeste d'économistes atterrés, dans
lequel ils font une présentation critique de dix postulats qui continuent à inspirer chaque jour les décisions des pouvoirs publics partout en Europe, malgré les cinglants démentis apportés par
la crise financière et ses suites, et face auxquels ils mettent en débat vingt-deux contre-propositions...
Ils sont économistes et ils sont atterrés. Ils pensent que d'autres politiques économiques sont
possibles. Le Collectif des Économistes Atterrés, a présenté son nouvel
ouvrage « Changer d'économie- Nos propositions pour 2012 » (éd. Les liens qui libèrent).
Les mesures préconisées :
Mesure n°1 : cloisonner strictement les marchés financiers et les activités des acteurs financiers,
interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pour éviter la propagation des bulles et des krachs
Mesure n°2 : Réduire la liquidité et la spéculation déstabilisatrice par des contrôles sur les
mouvements de capitaux et des taxes sur les transactions financières
Mesure n°3 : limiter les transactions financières à celles répondant aux besoins de l’économie
réelle (ex. : CDS uniquement pour les détenteurs des titres assurés, etc.)
Mesure n°4 : plafonner la rémunération des traders
Mesure n°5 : renforcer significativement les contre-pouvoirs dans les entreprises pour obliger les
directions à prendre en compte les intérêts de l’ensemble des parties prenantes
Mesure n°6 : accroître fortement l’imposition des très hauts revenus pour décourager la course aux
rendements insoutenables
Mesure n°7 : réduire la dépendance des entreprises vis-à-vis des marchés financiers, en développant
une politique publique du crédit (taux préférentiels pour les activités prioritaires au plan social et environnemental)
Mesure n°8 : les agences de notation financière ne doivent pas être autorisées à peser
arbitrairement sur les taux d’intérêt des marchés obligataires en dégradant la note d’un État : on devrait réglementer leur activité en exigeant que cette note résulte d’un calcul économique
transparent.
Mesure n°8bis : affranchir les États de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat
des titres publiques par la BCE.
Mesure n° 9 : Réaliser un audit public et citoyen des dettes publiques, pour déterminer leur
origine et connaître l’identité des principaux détenteurs de titres de la dette et les montants détenus.
Mesure n°10 : Maintenir le niveau des protections sociales, voire les améliorer (assurance-chômage,
logement…) ;
Mesure n°11 : accroître l’effort budgétaire en matière d’éducation, de recherche, d’investissements
dans la reconversion écologique... pour mettre en place les conditions d’une croissance soutenable, permettant une forte baisse du chômage.
Mesure n°12 : redonner un caractère fortement redistributif à la fiscalité directe sur les revenus
(suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l’impôt sur le revenu…)
Mesure n°13 : supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur
l’emploi
Mesure n°14 : autoriser la Banque centrale européenne à financer directement les États (ou à
imposer aux banques commerciales de souscrire à l’émission d’obligations publiques) à bas taux d’intérêt, desserrant ainsi le carcan dans lequel les marchés financiers les
étreignent
Mesure n°15 : si nécessaire, restructurer la dette publique, par exemple en plafonnant le service
de la dette publique à un certain % du PIB, et en opérant une discrimination entre les créanciers selon le volume des titres qu’ils détiennent : les très gros rentiers (particuliers ou
institutions) doivent consentir un allongement sensible du profil de la dette, voire des annulations partielles ou totales. Il faut aussi renégocier les taux d’intérêt exorbitants des titres émis
par les pays en difficulté depuis la crise.
Mesure n°16 : remettre en cause la libre circulation des capitaux et des marchandises entre l’Union
européenne et le reste du monde, en négociant des accords multilatéraux ou bilatéraux si nécessaire
Mesure n°17 : au lieu de la politique de concurrence, faire de « l’harmonisation dans le progrès »
le fil directeur de la construction européenne. Mettre en place des objectifs communs à portée contraignante en matière de progrès social comme en matière macroéconomique (des GOPS, grandes
orientations de politique sociale)
Mesure n°18 : assurer une véritable coordination des politiques macroéconomiques et une réduction
concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens
Mesure n°19 : compenser les déséquilibres de paiements en Europe par une Banque de Règlements
(organisant les prêts entre pays européens)
Mesure n°20 : si la crise de l’euro mène à son éclatement, et en attendant la montée en régime du
budget européen (cf. infra), établir un régime monétaire intraeuropéen (monnaie commune de type « bancor ») qui organise la résorption des déséquilibres des balances commerciales au sein de
l’Europe
Mesure n°21 : développer une fiscalité européenne (taxe carbone, impôt sur les bénéfices, …) et un
véritable budget européen pour aider à la convergence des économies et tendre vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux dans les divers États membres sur la base
des meilleures pratiques.
Mesure n°22 : lancer un vaste plan européen, financé par souscription auprès du public à taux
d’intérêt faible mais garanti, et/ou par création monétaire de la BCE, pour engager la reconversion écologique de l’économie européenne.
Leur conclusion : L’Europe s’est construite depuis trois décennies sur une base technocratique
excluant les populations du débat de politique économique. La doctrine néolibérale, qui repose sur l’hypothèse aujourd’hui indéfendable de l’efficience des marchés financiers, doit être
abandonnée. Il faut rouvrir l’espace des politiques possibles et mettre en débat des propositions alternatives et cohérentes, qui brident le pouvoir de la finance et organisent l’harmonisation
dans le progrès des systèmes économiques et sociaux européens.
Ben oui ... c'est dommage que pour l'instant on ait surtout fait confiance à des économistes "altérés" ....
cette Europe doit être refondée .. A++
tite youyou, c'est le programme de Mélenchon!!!!
Lordon , c'est mon préféré
dis donc y'a longtemps qu'on ne t'avais lu? c'est le froid et tu faisais la marmotte
des mesures de bon sens qui nous changeny de celles des financiers atterants...
Bonjour tite Youyou. D'accord pour l'essentiel avec ces propositions. Je pense quand même que certaines niches fiscales sont utiles, comme les chèques emplois services qui limitent le travail au noir et assurent des emplois moins précaires avec une protection sociale.
Gros mimis.
Salut YOUYOU ,je connais et je suis tout à fait d'accord avec ces propositions ,mais je crois qu'il faudra du temps pour que ceux qui se goinfrent comme des porcs consentent à partager :au besoin il faut les y obliger par la force
bon dimanche bise