TardiJacques Tardi concrétise un projet mûri de très longue date : transposer en bande dessinée les carnets de son propre père, rédigés des années durant sur des cahiers d’écolier, où celui-ci tient par le menu la chronique de sa jeunesse, en grande partie centrée sur ses années de guerre et de captivité en Allemagne. Après avoir, comme on le sait, énormément travaillé sur la guerre de 14 – 18, c’est la première fois que Tardi se penche d’aussi près sur la période de la Seconde Guerre mondiale. Ce faisant, il développe également un projet profondément personnel : en mettant en images l’histoire de son père militaire, Tardi explore rien moins que les racines, les origines et les ressorts de sa propre vie. Ce « roman familial » prend des accents d’autant plus intimes que Tardi a associé au projet deux de ses propres enfants, Rachel (qui assure la mise en couleur) et Oscar (documentation et recherches iconographiques).

   A travers l'expérience de son père, Tardi nous raconte une époque, celle de la "drôle de guerre", de la débacle qui a stupéfait toute une génération, l'incompréhension des soldats français qui s'attendaient à tout sauf à prendre une magistrale raclée - et la suite, moins connue, celle du destin de milliers de soldats déportés dans des camps de prisonniers, mis au travail en Allemagne, supportant de leurs bras l'effort de guerre allemand. L'album passionnera les amateurs d'histoire, évidemment, par la justesse des analyses, la crédibilité des situations, une exigence coutumière chez Tardi, qui va puiser son inspiration aussi bien dans les livres d'histoire que les témoignages de contemporains.

 

Plus encore, l'album est le témoignage direct de son père, qui a vécu les événements au plus près. Brillante narration, puisque l'album prend la forme d'un dialogue entre le père et son fils - Tardi se plaçant dans le décor, petit garçon donnant la réplique à son père, posant des questions, commentant les situations, interrogeant, critiquant, se moquant parfois. 

Il est là, le petit Jacques Tardi, sous les traits d'un jeune garçon, aux côtés de son père ; il l'accompagne partout, de planche en planche, tel un petit fantôme à rebours, puisqu'en 40, il n'est pas encore né. Que cette idée, toute simple, donne du dynamisme à l'album !

 

En résumé

Le grand retour de Jacques Tardi ! Le créateur d’Adèle Blanc-Sec raconte la Seconde Guerre mondiale à travers les carnets de captivité de son père, prisonnier dans un stalag

 

Extrait :

Nous nous étions battus, mon mécano et moi. Nous avions reçu l'ordre de détruire l'ennemi. Nous avions obéi... Oui, nous nous étions battus, et ce 22 mai 1940, un mercredi, douze jours après l'offensive, au petit matin, à l'orée d'un bois, nous venions d'être faits aux pattes. C'était à Mons-en-Chaussée, près de Péronne, dans la Somme. Mon père avait été blessé dans ce coin, vingt-cinq ans plus tôt.

Moi, j'avais vingt-cinq ans et je venais de recevoir comme un coup de massue derrière la tête

 

Tardi est l'un de nos grands auteurs - à la fois scénariste et dessinateur de grand talent. Moi, rené Tardi, prisonnier au Stalag IIB, ne vous surprendra pas par sa qualité graphique, à laquelle nous sommes depuis longtemps habitués. Tardi a un talent fou, il raconte merveilleusement les histoires, Stalag IIB est un album magnifique, aucune surprise de ce côté là.

 

Bonne lecture et Bizzzzzzzzz à tous de la ti’te youyou29

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